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Saint-Cyr-la-Rivière, vite 2020

La monographie communale de 1906

Nous sommes le 20 septembre 1899,

Monsieur l'instituteur Charles Louis Adine à rendu 27 pages au Ministère de l'instruction publique de l'époque, afin de dresser un tableau de l'état de l'enseignement primaire.

En effet l'Exposition universelle de Paris 1900 arrive à grand pas...

Quelle ne fût ma surprise, en transcrivant cette monograhie, en effet, sa richesse et sa qualité grammaticale feraient palir de jalousie plus d'un érudit du XXIème.

                                           

(photo AD91) 

Ayant déjà travaillé sur l'histoire de notre commune, c'est avec un réel bonheur que je découvre  aux archives départementales de l'Essonne cette monographie réalisée par notre instituteur à la fin du XIXème siècle.

Vous trouverez ci après la transcription de cette dernière,   

 

Articles 

 

 Partie géographique

 

               

Plan-de-St-Cyr-1899.jpg

(photo AD 91)

 

Le village de Saint Cyr la Rivière est situé à 0°, 11’ 15’’ de longitude ouest et à 48°, 21’ 34’’  de latitude nord, à 7 km de Méréville son chef lieu de canton, à 11km d’Etampes et à 62km de Versailles.

La commune est limité au nord par Saclas et Boissy-la-Rivière, à l’est par Fontaine-la-Rivière, Abbéville et Arrancourt, au sud par Estouches et Méréville et à l’ouest  par Saclas. Les hameaux et écarts sont nombreux. Marancourt, les Sablons, Voisins, les Moulins de St Cyr, Romard, Graveriot, Chanteloup, la vallée Potin et la Thibauderie.

D’après le dernier recensement la population est de 296 habitants.Le recensement de 1906 "Saint-Cyr la Rivière"  En 1763 et en 1817 elle était de 300 habitants, elle a donc peu varié. La surface totale du territoire est de 881 hectares.

Le village est construit à mi-coteau, à 80 mètres au dessus du niveau de la mer. La partie nord du territoire, celle qui s’étend sur le plateau se trouve à une altitude de 149 mètres.

Le sol, comme celui de presque toute la partie supérieure du bassin de la Seine est un terrain tertiaire de formation mixte. Dans la vallée il est humifère et tourbeux. En  certains endroits,  par exemple en face du moulin de St cyr où l’on a fait des sondages pour l’établissement d’une ligne de chemin de fer, la tourbe a une épaisseur de 9 à 10 mètres. Cette tourbe n’est pas exploitée peut-être à cause de sa mauvaise qualité. Sur le plateau le terrain est argilo-calcaire et très propice à la culture des céréales. Sur les pentes, la terre arable a été entraînée dans la vallée par les eaux pluviale et il ne reste plus que le sous-sol presque stérile, formé de grès, de sable, quelquefois de pierres calcaires.  Ces pentes ne produisent que des ajoncs et des genévriers rabougris.

Le climat est tempéré comme dans toute la région séquanienne, pas de trop grands froids, pas de trop grandes chaleurs. La température moyenne est de 10 degrés. Il tombe par an de 6 à 7 décimètres d’eau. Les vents dominants sont ceux de l’ouest et du nord.

Le territoire de Saint-Cyr se divise en deux parties bien distinctes 1°, la partie basse et humide située dans les deux vallées de Juine et d’Eclimont et 2°, les plateaux au nord et au sud, formés par les prolongements de l’immense plaine de la Beauce et sur lesquels la culture des céréales domine.

Saint-Cyr est arrosé par la Juine, qui prend sa source à Autruy au moulin de la Muette et par son affluent le rû de Climont ou d’Eclimont appelé aussi rivière de Saint-Cyr, qui prend sa source à l’étang de Fontenelle commune d’Abbéville

Les voix de communication sont 1°, le chemin de grande communication N°145 d’Angerville à La Ferté-Alais 2°, les chemins vicinaux de Saclas à St Cyr et de St Cyr à Arrancourt et Abbéville. Dans quelques années une ligne de chemin de fer (d’Etampes à la ligne d’Argent à Beaune-la-Rolande) passera ) St Cyr et facilitera les communications avec Paris et le centre de la France. La gare, desservant également Saclas sera construite entre Romard et Graveriot. La gare de Saclas Saint-Cyr la Rivière

 

Flore : La flore est relativement riche puisqu’elle comprend les plantes des terrains secs et celles des terrains humides. Voici classées par familles les principales plantes faisant partie de la flore de la commune.

Papilionacées : luzerne, trèfle, sainfoin,  vesce, ajonc, genêt, lotier, robinier.

Rosacées : églantier, ronce, fraisier, reine-des-prés, tormentille aigremoine.

Composées : marguerite, bluet, pissenlit, tussilage, chicorée, cardère sauvage, pâquerette, souci, sèneçon, tamoisie bardane, épervière, anthémis, liseron.

Rubiacées : caille-lait, aspérite odorante.

Scrofularinées : muflier, linaire, mélainpyre.

Labiées : menthe, sauge des prés, larmier blanc.

Solanées : belladone, dabura stramonium, jusquiame morelle noire.

Borraginées : grande consoude, bourrache, vépérine, myosotis.

Convolvulacées : liseron des haies,  liseron des champs

Cusentacées : cuscule

Primulacées : primevère officinale ou coucou, mourons

Oléacées : frêne, troëne

Apocynées : pervanche

Cucurbitacées : bryone droîque

Ombellifères : ciguë

Araliacées : lierre grimpant

Caprifoliacées : sureau yèble

Violariées : violette et pensée des bois

Papavéracées : coquelicot, grande éclaire

Crucifères : giroflée, thlaspi ou bourse à pasteur, radis-ravenelle, moutarde noire, cresson de fontaine.

Caryophyllées : lychnis nielle, lychnis dioïque, saponaire mouron des oiseaux.

Renonculacées : renoncules, clématite, anémone pulsatile.

Urticées : ortie dioïque, ortie brûlante.

Ulmacées : orme.

Canna binées : houblon.

Euphorbiacées : euphorbe des bois, euphorbe petit-cyprès.

Amentacées : chêne, noisetier, charme, peuplier, saule, bouleau, aulne.

Juglandées : noyer

Fridées : iris faux-acore

Joncées : jonc épars

Graminées : chiendent, flouve, phléole, avoine folle, brome, pâturin, dactyle, fétuque,  houque.

Cypéracées : laiche

Crassulacées : sedum album et sedum reflexum.

Cupressinées : genévrier.

Abiétinées : pin, sapin.

Fougère : polypode vulgaire.

Equisétacées : prêle des marais.

Mousses : poly trie commun

Champignon : morille et quelques champignons vénéneux.

Lychens :Lychen commun

 

Faune : Les animaux sauvages sont peu nombreux : renard, belette, fouine, putois, blaireau, hérisson, rat commun, rat d’eau, souris, taupe, mulot, campagnol, pipistrelle et oreillard.

La propriété est peu divisée. Presque le quart du territoire appartient à M. Costa de Beauregard. Le reste est partagé entre quelques cultivateurs faisant valoir eux-mêmes leur bien.

Les principales cultures sont celle du blé, de l’avoine, de l’orge, du seigle, de l’escourgeon, du sarrazin ou blé noir. Dans les prairies artificielles on trouve la luzerne, le trèfle, le sainfoin. Comme plantes fourragères à consommer au vert, le maïs et la vesce d’hiver. La culture de la vigne était autrefois très développée et chaque cultivateur récoltait du vin pour sa consommation personnelle. Maintenant un hectare de terrain, à peine est planté en vigne. Le vignoble a été ravagé par le mildiou, l’oïdium  et le pourridié. De la vigne à Saint-Cyr la Rivière ?

Les ruches sont peu nombreuses et l’éducation des abeilles est à peu près nulle.

On  élève peu de bétail : les vaches et les chevaux sont achetés au marché franc d’Etampes ou de Pithiviers. A part le fermier du château, Monsieur Pelletier, maire actuel de St Cyr, personne ne se livre  l’élevage des montons. Les bœufs ne sont pas employés pour les travaux de culture.

Comme gibier on rencontre : le lièvre, le lapin ( assez nombreux dans les garennes de St Cyr et de Chanteloup) la perdrix grise, la caille, le râle des genêts d’eau, le courlis, la poule d’eau, l’oularde ou canepelière et les alouettes de passage vers la fin d’octobre.

Les oiseaux sont nombreux : buse, épervier, émouchet, corbeau, corneille, pie, geai, merle, grive, huppe, sansonnet, pic-vert, tourterelle, ramier, chouette, chat-huant, petit-duc, hirondelle, Chardonnet, pinson,  mésanges, bergeronnelle, roitelet, rossignol, linothe le bruant, le verdier, le bouvreuil, etc...

Comme insectes nuisibles nous voyons le hanneton et sa larve ou ver blanc, les chenilles, la courtilière, les charançons, les alises, les bruches, les pucerons.

Les insectes utiles sont : l’abeille, le staphylin, le lampyre ou ver luisant, la libellule, la coccinelle, le nécrophore, le grillon, etc, etc.

 

Industrie : Il y a, à St Cyr, une usine appartenant à M. Dailloux fabricant de machine et outil pour chaussures. Cette usine est installé dans l’ancien moulin de St Cyr dont la roue donne la force motrice nécessaire à de nombreuses machines-outils. Elle a pris depuis ces dernières années une très grande  extension. Au début 5 ouvriers composait tout le personnel et maintenant

 

USINE DAILLOUX

   

 (photo AD91)

 

Elle occupe près de 40 ajusteurs, tourneurs, fraiseurs, perceurs, aléseurs, etc…

Il y a aussi à St Cyr  un pressoir à cidre (presse hydraulique) appartenant à M. Ronceret.

M. Ronceret dirige en même temps une importante entreprise de battage occupant environ 80 ouvriers. (1)

 Deux carrières situées sur les pentes des Marvaux fournissent un grès de très bonne qualité. Les pavés et bordure de trottoir qui en proviennent sont expédiés sur Paris.

(1)    Le moulin de Chanteloup  produit 24 petits sacs de farine par jour.

 

Commerce :  Le commerce assez important se fait surtout avec Etampes, Méréville et Saclas. Chaque samedi les cultivateurs vont vendre au marché d’Etampes leur grain et les fruits qu’ils récoltent en grande quantité dans des vergers très bien entretenus. Il n’y a plus à St Cyr ni marché ni foires.

Esquisse historique

 

La commune porte le nom du patron de la paroisse : St Cyr. On y a ajouté la Rivière parce qu’elle est arrosée par  deux petits cour d’eau et pour la distinguer d’autres communes portant le même nom de St Cyr. Autrefois on écrivait Saint-Cir. La paroisse est également placé sous le patronage de Sainte Juliette ou Julitte mère de St Cyr. Vers 305 Sainte Julitte fut martyrisée avec  son fils  Cyrge  âgé de 3 ans. Leurs restes furent transportés à Auxerre. Plus  tard on en fit sans doute une distribution car des églises furent construites pour conserver ces reliques à Toulouse, Nevers, Clermont en Auvergne, Issoudun, Arles et St Cyr près de Paris.

Les curiosités des temps préhistoriques sont rares. Cependant dans la partie de la vallée avoisinant un bois appelé « Garenne de Chanteloup » sur la rive droite de l’Eclimont, on a retrouvé une quantité considérable d’éclats de dégagement provenant sûrement d’un atelier de fabrication d’outils en pierre. Plus loin on a également trouvé des hanchons en pierre, des pointes de flèches, des grattoirs, etc et sur les pentes en face, de l’autre côté de la vallée des outils destinés probablement à la culture. On a retrouvé, en face du moulin de St Cyr des débris de fabrication à l’entrecroisement des meurgers, ce qui fait supposer qu’il devait y avoir anciennement des habitations à ces endroits. Le champtier des Grosses-Bornes doit sans doute son nom à des monuments mégalithiques disparus aujourd’hui.

Sur certains coteaux se trouvent des lignes de petites pierres entassées. Ces lignes s’appellent des meurgers ou murgers. Les anciens du village croient que ces murgers ont été construits par leurs ancêtres qui voulaient débarrasser leurs champs des pierres qui s’y trouvaient. Ce son plutôt des monuments de l’âge de pierre derrière lesquels se retranchaient les hommes de  cette époque.

Autrefois la paroisse de St Cyr faisait partie du gouvernement de l’Orléanais, élection d’Etampes, généralité de Paris. Elle dépendait du  doyenné et de l’archidiaconé d’Etampes dans le diocèse de Sens. De 1790 à 1801 elle était comprise dans le canton de Saclas. Pendant la Révolution le mot «Saint » est supprimé  et la commune s’appelle « Cyr -la-Rivière ». Sur un registre de l’état-civil on lit « 9 messidor de l’aire (sic) républicaine (sic) 27 juin 1794 de l’aire vulgaire, devant nous Maximilien Marchaudon, maire de la commune de Cyr-la-Rivière … etc » Sous la féodalité  les droits de justice haute, moyenne et basse, les droits du marché (le lundi de chaque semaine) et trois foires par an (le 1er dimanche du carême, le jour de St Cyr, le jour des morts) étaient tenus par le seigneur en plein fief du château d’Etampes. Le domaine de la seigneurie de St Cyr relevait en plein fief du château de Méréville.

L’église, du style roman, date de la fin du onzième siècle. La porte est de plein cintre. Les colonnes intérieures sont très grosses, isolées et ornées, à la base, de griffes à peu près détruites. Les chapiteaux, différents d’une colonne à l’autre, sont décorés de dessins géométriques peu feuillés, de figures grimaçantes et d’ornements bizarres. Autrefois, avant la restauration de l’église, il y avait des autels dédiés à St Jean, St Anne. Notre Eglise

                           

100 2319

 (photo Mon Grandbois)

 

Et St Sulpice.  Une chapelle complètement abandonnée se trouve dans le cimetière. L’église est sombre et humide. Elle ne reçoit de lumière que par des fenêtres très étroites et des oculus. La chaire, assez curieuse est soutenue par un Samson orné d’une mâchoire d’âne.

Le château en partie fortifié, était entouré de fossés profonds remplis d’eau vive venant du rû d’EClimont qu’on avait dévié. Deux grosses tours crénelées défendaient la porte munie d’un pont-levis. Ce château fut restauré en 1832  et les créneaux que l’on voit au sommet de la seul tour qui reste proviennent d’une tourelle rasée à Maisoncelles, autre château appartenant également au propriétaire de celui de St Cyr.

En 1848, M. le marquis de Quinsonas fit démolir une partie du château. En 1872 la démolition continua puis fut abandonnée. Il ne reste plus qu’une tour en ruines. Un souterrain partant d’une ancienne dépendance du château passe sous la route de St Cyr à Saclas. A l’extrémite de ce souterrain se trouve une fontaine au bord de laquelle fut aménagé un lavoir.

 

                                    

Ruine château St cyr

 (photo AD91)  

Sous la féodalité le domaine de Saint-Cyr appartenait à la famille de Tignonville. Il passa ensuite à Jean 1er du Monceau qui mourut vers 1400. Louis XI, en 1474 confirma à deux seigneurs du Monceau la possession de cette seigneurie. François du Monceau fut enterré dans l’église de St Cyr. Il était décédé le 23 mars 1559 et son écu que l’on voit encore scellé dans la muraille extérieure de l’église, derrière le maître autel était « de gueules à six annelets d’or 3.2.1 ».

     

ECU DES MONCEAU

ECU DES MONCEAU ARTENAY

 (photo AD 91)

On voyait dans l’église, du temps de dom Basile Fleureau la pierre du tombeau de François du Monceau et de sa femme. Cette pierre était surmontée d’une croix au bas de laquelle étaient les armes du seigneur et de sa dame. Party au 1er, de gueules à 6 annelets d’or 3.2.1, au 2ème d’or à 3 tourteaux de gueules. On y lisait l’inscription suivante « Cy gisent noble seigneur François du Monceau en son vivant chevalier, seigneur de St Cyr, Fontenelle, Quincampoix, du Monceau, Avoir et d’une partie de Fontainebleau, lieutenant des gentilshommes de la maison au roi. Et dame Antoinette de Courtenay qui moururent savoir : ledit du Monceau le 23 mars 1559 et ladite dame de Courtenay le jour de (la date manque). »

La famille de Courtenay descendait en ligne droite de Louis VI le Gros, roi de France.

On lisait sur une plaque de cuivre scellée dans le mur au dessus de la tombe que ce seigneur « se trouva dans sa jeunesse à la guerre faite par le feu roi Louis XII à Agnadel, depuis à la bataille donnée à Ravenne et necessivement à la bataille donné contre les Suisses à Ste Brigitte près Marignan et à la bataille donnée devant Pavie, y était en bonne mémoire de François 1er de ce nom, conquit l’enseigne des gentilshommes dudit seigneur roi, et qu’après l’avoir gardée quelque temps il fut fait lieutenant par ce même roi François, sous la charge de M. de Boissy grand écuyer de France et confirmé audit état par les rois Henri II et François second ». Cette pierre, ainsi que le monument de François de Rochechouart dont nous allons parler tout à l’heure n’existent plus dans l’église. Le monument doit avoir été emporté par le propriétaire du château au moment de la restauration de l’église entreprise par l’abbé Charvet.

En 1577 la seigneurie passe à Guy de Rochechouart puis à son deuxième fils François Guy 1er de Rochechouart était seigneur de Châtillon le Roi, Bréviandes, Greneville, etc, capitaine de 50 hommes d’armes et gouverneur de Blois. Son premier fils Guy II de Rochechouart mourut au siège de Saint-Jean-d’Angély en 1621 , « Dans la chapelle St Jean et Ste Jeanne de l’église on voit dit dom Basile Fleureau, une épitaphe en forme de tombe sur laquelle est représenté en grandeur naturelle et en relief le dernier seigneur décédé de ce lieu, armé, le coude appuyé sur son casque, la tête soutenue de la main droite étendue sur les genoux et serrant un écriteau contenant ces  paroles « Sub tomba suam expecto…  (je suis prêt à sortir de la tombe au premier appel de la trompette) ». A ses pieds un ange tenait l’écu de ses armes : ondé de gueules et d’argent de six pièces en axce.

 Un écu  surmonté d’une couronne de marquis aux armes de Sève et de Rochechouart

                                     

Arme de Sève Rochechouart

   (photo AD91)

 (écartelé au 1er, et au 4ème d’azur à 2 faces d’argent, à la bordure componée de l’un à l’autre aux 2ème, et 3ème ordé de gueules et d’argent de 6 pièces en axces) se trouvait au dessus d’une porte du château : il est maintenant dans la cour du musée d’Etampes.  Il y  aussi un fragment de monument funéraire trouvé dans l’emplacement du couvent des Mathurins à Etampes aux armes des seigneurs de St Cyr entourés des cordons d’abbé séculier. Contre la tombe était écrit ce qui suit « Ci-git François de Rochechouart, fils de messire de Rochechouart, seigneur de Chatillon-le-Roi et de sa dame Gabrielle d’Allonville, qui eut pour femme Anthoinette de Beauclerc, fille de Messire Charles de Beauclerc seigneur d’Achères, secrétaire d’Etat. Son génie l’ayant porté à voir plusieurs nations, il n’a jamais trouvé plus de repos qu’ici avec ses aïeux  et sache que tout chemin conduit à la mort. Passe et prie pour lui. Il mourut le 14 octobre 1652 ».

La même année St Cyr eut à souffrir de la contagion qui exerça tant de ravages en France. Le nombre de décès qui avait été de 9 en 1645, 4 en 1646, 7 en 1647, 4 en 1648, 3 en 1649, 10 en 1650, 6 en 1651 et s’élève  à 40 en 1652.

Sur une population d’environ 90 feux, François de Rochechouart mourut sans doute de contagion. Voici son acte d’inhumation :

 « Le lundy quatorzième jour d’octobre fut ensépulturé messire François de Rochechouart, chevalier, seigneur de St Cyr, et déposé dans le sépulchre de ses grands-parents et prédécesseurs dans l’église audit lieu de St Cyr par moy curésoussigné après lui avoir administré tous les sacrements et luy les ayants reçu aussy chrétiennement que se puisse faire et en bon chrétien, Son dict corps y repose en paix. Tesmoing mon seing y nous signé  P.Auziard."

En 1770 la seigneurie de St Cyr appartient au maréchal de Balincourt et la même année nous la trouvons en possession de  Marguerite Françoise  Geneviève de Vion de Tessancourt de Maisoncelles qui avait épousé le 6 mars 1755 messire Simon Claude de Grassin (1701-1776) maréchal des camps et armées du roi (en 1748), commandant des ville et citadelle de St Tropez. Il était en même temps seigneur de Voisins, Marancourt, Jubert, Romuard,  des Grais de Bierville, Abbéville, Javersy, Quincampoix, Fontenelle, etc. il faut y ajouter la paroisse d’Arrancourt pour laquelle Mme de Grassin eut foi et hommage au seigneur d’Estouches en 1785. On voit que le seigneur de St Cyr avait réuni entre ses mains la plupart des fiefs et seigneuries de la vallée de l’Eclimont. M. de Grassin mourut le 5 janvier 1776. Mme de Grassin a dû mourir à un âge très avancé mais son acte de décès ne figure pas sur les registres de St Cyr. Sa fille Elisabeth Marie de Grassin (1760-1799) épousa le 17 juin 1789 le comte Jacques-Pierre Prothade Hyppolyte d’Astorg (1759-1828), lieutenant de vaisseau puis contre-amiral, baron de l’empire plus tard. Il fut également chevalier de la légion d’honneur membre du corps législatif, président du collège électoral d’Etampes. Il se maria en secondes noces avec Charles-Elisabeth Jacques du Coudray morte en 1834. Il  ne semble pas que Mme de Grassin et son gendre le comte d’Astorg aient émigré pendant la Révolution.  Nous voyons les domestiques, femmes de chambre, jardiniers du châteaux, figurer sur les registres de l’état-civil en qualité de témoins. De plus nous lisons dans le Registre destiné  pour inscrire les citoyens domiciliés dans l’arrondissement du canton de Saclas à qu’il sera délivré des passeport  par l’administration municipale «St Cyr la Rivière 15 brumaire an 6ème de la République uni et indivisible, Elisabeth Marie Grassin épouse du citoyen Dastorg, née  à Paris département de la Seine, âgée de 36 ans, taille de 5 pieds, cheveux et sourcils bruns, front bas, yeux noirs, nez aquilin, bouche ordinaire, menton rond visage ovale, inscrite sur le tableau de la commune de St Cyr où elle est domiciliée, sous le n°130, laquelle nous déclare vouloir se rendre à Melun département de Seine-et-Marne et dans le canton du Châtelet » et a signé.

Autre passeport à la même personne, le 11 ventose pour aller à Poligny (Jura) avec son mari, cultivateur, son fils Adrien et sa femme de chambre.

Le 11 frimaire an VI passeport à Pierre Dastorg pour aller à Orléans puis deux autres pour aller à Beauvais et à Pont-Brieux (Côtes du Nord).

Adèle Félix Françoise d’Astorg (1791-1818) épousa le 12 juillet 1813 le comte André Urbain Maxime de Choiseul d’Aillecourt (1781-1854) et mourut en 1818, ainsi que le constate un marbre dans la cathédrale d’Orléans. Mr de Choiseul qui était membre de l’Institut et ancien préfet du Loiret mourut en 1854 et fut inhumé dans un caveau placé dans le parc du château et adossé à l’église. Dans ce caveau se trouvent également le corps de Mr d’Astorg, de sa 1ère, et de sa seconde femme.

Marguerite Maxime Marie Eugénie de Choiseul d’Aillecourt (1816-1901) fut mariée le 10 mai 1839 avec Adolphe Elisabeth Joseph Octavien Pourroy de Lauberiviere marquis de Quinsonas (1813-1891). Elle hérita du château de St Cyr qu’elle transmit à sa fille Marie Amélie Pourroy de Lauberiviere de Quinsonas (1841-1929) mariée le 16 avril 1860 avec  Mr le Marquis Marie Charles Albert de Costa de Beauregard (1835-1909) ancien membre de l’Assemblée nationale, aujourd’hui de l’Académie française, le propriétaire actuel.

Voici le « cahier général » des doléances, plaintes et remontrances de l’ordre du tiers-état, des habitants de St Cyr la rivière, dressé, approuvé et arrêté dans l’assemblée générale dudit ordre, tenue devant Mr Gillot bailly dudit lieu :

 

« Lesdits habitants remontrent que les impôts, contributions et charges publiques doivent être supportées par les trois ordres, sans exceptions de personnes ny aucune exemption quelconque.

Qu’il est à désirer qu’il n’y ait qu’un seul et unique impôt, soit la subvention territoriale ou tout autre impôt frappant sur les biens-fonds et droits réels du royaume sans exception, sur les biens des grands comme sur ceux des petits, sur ceux du clergé et de la noblesse comme sur ceux des roturiers privilégiés ou non.

Il est de même à désirer que l’impôt au sel soit supprimé en entier, ou du moins que le prix de cette denrée soit réduit au tiers ou à la moitié

Qu’il y ait uniformité dans les poids et les mesures.

Que les administrations provinciales soient conservées ou qu’il soit établi des états provinciaux.

Qu’il soit permis de rembourser les droits au Champarts, Dixmes, etc ou autrement en indemniser le propriétaire, ou au moins que ces droits soient convertis en argent, au lieu de la perception en nature.

Que les ordonnances civiles et criminelles soient réformé (sic).

Qu’il y ait des abbréviations  dans les procédures et les délais.

Que le gibier faisant un tort considérable aux grains, le privilège de la chasse soit aboli, ou au moins que les possesseurs de la chasse soient tenus du moindre dommage, lequel sera constaté de la manière la plus simple  et la moins dispendieuse possible.

Que les pigeons, faisant un semblable tort, ils soient détruits entièrement ou qu’au moins ils soient enfermés pendant les mois de juillet et d’aout.

Signé : Gillot

 

Le colombier dont les habitants demandent la suppression ne fut détruit que bien plus tard  vers 1840 ou 1845 et pendant plus de 50 ans les pigeons continuèrent à ravager les champs et les moissons.

Au point de vu économique St. Cyr s’est beaucoup développé. Le marché et les foires, disparus depuis longtemps, avaient peu d’importance et leur suppression n’a nullement empêché le commerce des grains et des fruits de devenir beaucoup plus important qu’autrefois. La terre mieux cultivée, enrichie par l’emploi des engrais chimiques produit beaucoup plus, les vergers mieux entretenus donnent des fruits qui se vendent plus cher et avec des belles routes qui existent et qui permettent un transport facile vers Etampes et Paris, il est absolument certains que les transactions ont considérablement augmentés.  Le cultivateur est mieux payé de son labeur et de ses peines. L’installation de l’usine Dailloux a été aussi  une cause de progrès économique. Lorsque la construction du chemin de fer sera terminée le commerce prendra encore un nouvel essor.

L’instruction a également fait de grand progrès. Presque tout le monde sait lire, écrire et compter et à part quelques vieux  qui n’ont pu s’instruire dans leur jeunesse il n’y a pas d’illettrés dans le village.

L’instruction se répandant de plus en plus, les gens ont mieux compris les idées de prévoyance et de solidarité. Un bureau de bienfaisance vient en aide à ceux qui sont dans le besoin et une société de secours mutuels et de retraites a été fondée entre les membres de la compagnie des sapeurs-pompiers. Cette société est approuvée par un arrêté préfectoral  en date du 25 mai 1896.

Instructions publique

 

Le premier instituteur qui se trouve mentionné sur les registres de l’état-civil est Louis La Coste décédé en 1675. Il est fort probable qu’avant lui il n’y avait pas d’école dans la commune.

Comme dans presque tous les petits villages l’instruction était peu en honneur et à chaque instant on voit des témoins « qui déclarent ne savoir signer ». L’instituteur était ordinairement un villageois un peu moins ignorant que les autres. Pendant l’hiver il réunissait, dans l’unique chambre de sa chaumière les jeunes enfants. Il leur apprenait tant bien que mal à lire, à écrire et quelquefois même à compter. Cet instituteur s’appelait « le maistre d’écolle » ou « le maître des petites écoles » ou « le précepteur des enfants de la paroisse » ou bien encore « l’écolier ». La classe était loin d’être luxueuse. Le plancher était en terre battue et les élèves se trouvaient pêle-mêle avec les ustensiles de ménage et les instruments de travail du « maistre  d’écolle ». Car l’instituteur était aussi cultivateur, vigneron, etc. il était ainsi presque sur de manger du pain en toutes saisons. Comme mobilier scolaire : une table pour les plus instruits, ceux qui écrivaient, puis quelques bancs pour ceux qui ânonnaient préalablement dans leur abécédaire. Comme moyen de discipline le martinet et la taloche. La taloche ressemblait vaguement à un battoir de laveuse et servait à frapper la main de l’élève récalcitrant. En hiver, chaque élève apportait sa bûche pour le chauffage de l’école. Au moment où les travaux des champs commençaient  les enfants abandonnaient  l’école et le maître reprenait son second métier. Les vacances duraient 5 ou 6 mois. Plus tard le maître d’école ne fut plus qu’instituteur et il faisait la classe toute l’année. Avant la construction de l’école actuelle qui fut bâtie en 1832, la salle de classe occupait une maison, rasée depuis, qui se trouvait à l’intersection de la route de Saclas et du sentier qui mène également à Saclas. On payait l’instituteur en argent et en nature. C’était vers 1840 12 sous et un michon par mois et par élève. Plus tard, comme il était très mal rétribué il devait à la fois bedeau, chantre, sonneur. Il balayait l’église, remontait l’horloge, nettoyait les objets du culte etc, bref il servait de valet au curé. Vers le milieu de ce siècle (XIXème) il était choisi et nommé par une commission réunie à cet effet,  ordinairement composée du curé, du notaire et de quelques notables. On interrogeait le postulant et surtout on le faisait chanter. S’il possédait une belle voix et s’il connaissait la musique, le curé voyait  en lui un futur chantre et il érait sûr d’obtenir le poste qu’il désirait.

Vers 1840, quatre-vingts élèves fréquentaient l’école de St Cyr. Ce nombre diminua considérablement plus tard lorsque Mme la marquise de Quinsonas fonda une école gratuite de fille qui fut confié à deux sœurs de St Paul de Chartres. Cette école existe encore aujourd’hui et elle est installée dans une maison appartenant au château.

Malgré de nombreuses recherches, je n’ai pu établir d’une façon précise le tableaudes instituteurs qui se sont succédé à St Cyr.

Avant la Révolution :

1)Louis le Coste « maîstre d’école » décédé en 1675

2)Le Long  « maîstre d’école » décédé en 1707

3) Marie Anne Portebille  « maistresse d’écolles » décédée en 1709

4)Jeanne Petit « maîtresse d’ école » décédée en 1735

5)Olivier Hébert qui exerce en 1799 et est porté comme témoin dans un acte d’inhumation.

6)Gabriel Lelong décédé en 1772

DE 1789 à 1833 : 

1)Boucher, maître des petites écoles vers 1792

2)Tabour Pierre Charles instituteur en 1800

3)Grillière Etienne 1801

4)Bourdon Nicolas 1806 qui devait agent ambulant

5)Chaudé Jean baptiste 1809 qui devait garde-champêtre

DE 1833 à 1850 :

1)Marchaudon C harles Clément en 1834

2)Lemaître de 1844 à 1853

DE 1850 à 1870:  

1)Boutet Adrien Charles de 1853 à 1856

2)Vallet Isidore François de 1856 à 1858

3)Gatinot Jean Charles de 1858 à 1860

4)Chevalier Célestin François de 1860 à 1865

5)Pottier Charles Jules de 1865 à 1868

6)Chambellan Louis Adrien de 1868 à 1876

DE 1870 à nos jours (1899)

1)Roucaumont Louis Alexandre de 1876 à 1878

2)Jean Pierre de 1878 à 1892

3)Cochu Joseph Alfred de 1892 à 1893

4)Roulland Désiré Ferdinand de 1893 à 1895

5)Lenoir Louis Etienne de 1895 à 1897

6)Anjoran  Octave de 1897 à 1898

7)Adine Charles Louis de 1898 instituteur actuel

 

  

Salle de classe 1899

 (photo AD91)

 

Depuis quelques années le local scolaire a subi des transformations successives qui  améliorèrent sa disposition. La salle de classe trop grande pour le nombre d’élève (32) fut divisée en deux par une cloison. Le logement de l’instituteur, humide et malsain fut exhaussé.  Cette année la classe a été recarrelée et les peintures ont été refaites en partie. Le mobilier scolaire complètement neuf se compose de tables à deux places modèle  « Nisuis ». Les cartes Vidal-Labloch  des tableaux instructifs ornent l’école et tous les ans le Conseil municipal s’impose des sacrifices pour compléter le matériel d’enseignement et entretenir les bâtiments scolaires en bon état.

 

ST CYR 26-27

 (photo AD91) 

 

L’organisation pédagogique est celle qui a été donné au département de Seine-et-Oise par Mr. Cazes inspecteur d’Académie et qui a été approuvée par la Conseil départemental de l’enseignement primaire dans sa séance au 20 juillet 1894.Cette organisation pédagogique fut légèrement modifié par Mr. Pestelard, Inspecteur d’Académie actuel afin de donner une plus large place à l’enseignement de l’agriculture. Depuis l’établissement du certificat d’études, 25 élèves ont quitté l’école munis de ce diplôme. Tous les hivers pendant le mois de novembre, décembre et janvier un cour d’adultes a lieu trois fois par semaine de 7h30 à 9h, l’année dernière plus de vingt jeunes gens ont suivi ce cours très régulièrement.  Les conférences populaires faites par l’instituteur ont beaucoup intéressé les habitants de la commune. Le conseil municipal a voté, à la session de février dernier la somme nécessaire pour acheter un appareil de projection et de vues. En février 1899 Mr. Gleyzes, inspecteur primaire à Etampes organisa entre toutes les écoles de son arrondissement une société scolaire de secours mutuels qui fonctionne très régulièrement. Elle compte environ 1200 membres et 23 élèves de l’école communale en font partie.

Anciennement s’instruisait qui pouvait et c’était difficile, car presque tout manquait pour cela. Le gouvernement actuel a compris que pour rendre le peuple plus heureux et meilleur il fallait l’instruire et ce sera l’honneur de la troisième République d’avoir  répandu dans les campagnes l’instruction, laïque, gratuite et obligatoire.

 

                                  Saint-Cyr-la-Rivière le 20 septembre 1899

                                                                L’Instituteur

 

                                                 Signé : Charles Louis ADINE

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